Les 24 heures du Confluent à Portet sur Garonne.
De retour de notre périple je vais vous raconter cette journée particulière.
Samedi 31 Mars à 10h du matin nous sommes sur la ligne de départ. L’organisateur nous indique les règles à respecter et donne les dernières consignes que nous écoutons religieusement. Pour moi
c’est une première. Il y a quand même un peu d’appréhension. Tourner 24h sur un circuit d’un kilomètre environ cela peut paraître ennuyeux. Mais je suis remonté à bloc, le moral au plus haut et
motivé comme jamais. Nous sommes 130 coureurs et marcheurs confondus, dont une bonne trentaine de féminine. Et c’est parti ! Les premiers tours sont couverts à prés de 11 de moyenne. Trop
pour moi qui me suis basé sur un départ au alentour de 9/9,5. Aussi je me cale assez vite sur cette vitesse et je m’enferme dans ma bulle. Demain est encore loin. Les tours s’enchainent, à chaque
passage sur la ligne l’affichage grand écran nous indique le nombre de tours parcouru. Le compteur ne monte pas vite. 1h de course 9 tours. A midi je suis à 19 tours. Je n’oubli pas de boire
assez souvent et de manger régulièrement. 13h et 27kms. Je m’arrête pour manger un bol de pates. Je me mets en débardeur et casquette saharienne car le soleil chauffe sur ce circuit sans trop
d’ombre avec une température de 21°. Et le compteur grimpe péniblement. Avec Gaby nous nous croisons parfois. Mais chacun est dans son monde. Il y a des spectateurs tout autour du circuit et avec
les autres concurrents c’est un chassé croisé permanent. Je double, je me fais doubler. Le classement évolue au fils des arrêts. A 14h50’ je suis au marathon. Première étape. Un petit tour vers
les kinés histoire de retaper un peu la mécanique. Que le redémarrage est difficile ! Je fais la connaissance d’un couple de bénévole de Bon Encontre. Le monde est petit ! Par contre je
vais avoir droit à leur encouragement à chaque passage. C’est une ambiance particulière ce genre de course. Jamais seul, jamais anonyme. Le prénom inscrit sur le dossard fait que même le speaker
nous présente. 17h et 53 tours. Un peu avant 18h je franchi les 60kms. Les jambes commencent à ce faire lourdes et j’alterne avec un peu de marche. La répartition va s’inverser de plus en plus.
Il me faudra aller jusqu'à 19h30 pour dépasser les 70kms. Après un repas un peu plus consistant, je me remets en vêtement manches longues. 21h et la barre des 75kms est franchie. Il fait nuit
maintenant et les rangs des concurrents s’éclaircissent. Un petit mot d’encouragement à celui que l’on double et l’inverse ce produit aussi. De coureurs solitaires ont devient coureurs
solidaires. Quelques centaines de mètre ensemble et chacun poursuis son chemin. 80kms un peu avant 22h. Une petite douleur sur le devant du tibia gauche et je commence à me poser des
questions ! Je ne suis qu’à la moitié de l’épreuve ! Le 90ème est passé vers minuit. Je retourne vers les kinés pour quelques aides. Rien de bien grave. Sic ! J’en
profite pour m’équiper en cuissard long et changer de chaussettes et chaussures. Est-ce une bonne idée ? Dans mes prévisions je m’étais dis que si je passais au 100kms en 15h ce serai bien.
Il me faudra un peu plus. Ce cap je le passerais à 01h59’ du matin soit 16 h de course. La douleur à la jambe me signale sa présence. Et en marchant je la ressens moins, aussi la marche va
devenir mon mode de locomotion principal. Mais comme j’ai la particularité de bien fonctionner de ce coté là je ne descendrais jamais en dessous de 6km/h. Je connais bien l’ambiance de courir de
nuit, aussi je suis assez à l’aise. Je croise et recroise beaucoup de personnes. Mais allez savoir si elles sont devant ou derrière au classement. C’est un peu l’inconnue de cette course.
Qu’importe, il faut avancer. 03h du matin et 106 kms ! 04h, 112 kms et 56ème. Je suis assez régulier. Je n’ai pas dormi et je n’ai pas sommeil. La douleur ? Quelle douleur ? Je
l’ai complètement occultée. 05h, 118 bornes, 06h et le 123ème est là. Et puis doucement le ciel s’éclairci. Tiens le jour se lève et le moral revient car il y a de plus en plus de
monde sur le parcours. Je vais pouvoir enfin me situer. A 07h je suis dans le 130ème tour et placé en 43ème position. C’est la bonne surprise du matin. Je sais que je vais
aller au bout, rien ne pourra m’arrêter maintenant même si je dois finir sur les mains ! Là, désormais je vais lire l’écran à chaque passage, ce sera une motivation supplémentaire. A 7h50 je
suis à 135kms. Je ne sais pas jusqu’où je vais pouvoir aller, car je ne peux malheureusement pas courir ! Chaque tour est une nouvelle victoire. A quelques minutes de 9h je passe la barre
des 140kms. Je sais que la prochaine ne sera pas franchie. Mon podomètre m’indique que je suis à 6,4/6,5 km/h. J’y crois ! Le 145ème km est passé vers les 9h30. Tout ce qui reste
comme concurrents est sur le circuit. Il y a de plus en plus de spectateurs. Les bénévoles commencent à ce repartir sur le parcours pour le contrôle des positions finales. Allez, je pousse la
chaudière, le compteur grimpe à 7,5km/h. Ca va ce faire, plus aucun arrêt ! L’annonce du dernier quart d’heure. On nous distribue un petit palet avec notre numéro à poser au sol lorsque le
coup de pistolet de fin retentira. Je suis dans le 147ème tour. 10h moins une minute : première semonce. C’est le sprint final ! Et tout à coup c’est de « pan » de
fin. Stop ! Tout le monde s’arrête. Ca y est je suis circadien. Je reviens vers le tableau d’affichage : 148,628 ! Il va falloir attendre la mesure des derniers mètres. J’ai réussi
à couvrir 148,939 kms en 41ème position sur 113 classés et 5ème VH3.Aucun regret le 3ème et 4ème sont à 162 et 161kms. Mais ce n’est pas un problème.
Je suis plus que satisfait. Et voilà une nouvelle ligne sur mon CV, une nouvelle expérience. La suite ? Hum il faudra peut-être attendre un peu ! On va penser au repos d’abord, on en
reparlera plus tard !
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